Notre but

Cet été, nous apprenions que le promoteur immobilier Emerige avait déposé le 27 juin 2019 en Mairie de Paris une demande de permis de construire sur la parcelle du 42/50 rue de Picpus (1 hectare) occupée actuellement par le garage Renault.

Bien que les services de la ville de Paris, la Mairie du 12ème, l’organisme Paris Habitat aient été en discussion possiblement dès 2017 avec le promoteur Emerige pour la définition du cahier des charges, l’avis des riverains n’a jamais été sollicité avant ce dépôt de demande de permis de construire.

Sur le terrain de ce garage à la pollution attestée, le projet comprend 12 immeubles de 5 à 12 étages pouvant accueillir une population de plus de 900 personnes. Cet ensemble veut s’insérer dans un quartier déjà très dense en population, hyper urbanisé et très familial, fortement bétonisé avec des immeubles hauts, cruellement déficitaire en espaces verts, aux trottoirs déjà régulièrement encombrés aux sorties des écoles,… A la rentrée universitaire de 2020, ce ne sont pas moins de 23000 étudiants inscrits à l’Université Sorbonne-Nouvelle qui investiront régulièrement ce quartier.

Les riverains ont donc constitué une association en juillet 2019 qui lors de sa première Assemblée Générale réunie le 1er octobre dernier réunissait déjà 123 membres (au 17 octobre, plus de 40 nouveaux membres nous ont rejoint). Pour la qualité de vie de ses habitants et des futurs usagers du quartier, l’association somme la mairie de Paris de ne pas accorder ce permis mais au contraire de profiter de cette belle opportunité foncière (la puissance publique via l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France est désormais propriétaire du terrain) pour réaliser un jardin au cœur de la rue de Picpus. En plus d’un espace de détente pour les habitants et étudiants, ce nouveau poumon vert aura notamment pour fonction de mieux réguler la température du quartier en cette période de réchauffement climatique et canicules régulières, les quelques espaces résiduels entre les immeubles de grande hauteur du projet ne pouvant jouer ce rôle bénéfique. Anne Hidalgo et les élus du Conseil de Paris n’ont-ils pas déclaré solennellement la ville en « état d’urgence climatique » le 9 juillet 2019 ? Jean-Louis Missika, élu du 12ème et adjoint à la Mairie de Paris chargé de l’urbanisme, de l’architecture et du Grand Paris plaidait pour sa part dans « Le Monde » daté du 15 septembre pour une végétalisation accrue de Paris, un nouvel urbanisme et la modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) en suggérant notamment que « Dans les zones trop denses, la Mairie pourrait préempter certains immeubles vétustes et les remplacer par des espaces verts ». Ce projet Emerige est donc clairement le fruit d’un Plan Local d’Urbanisme d’un autre temps et que de nombreux élus dénoncent à juste titre. Notre association est apolitique et nullement partisane mais interpelle urgemment les élus actuels et futurs quant au devenir du 42/50 rue de Picpus. Politiques, passez donc aux actes et créez un jardin au 42/50 rue de Picpus !